Ne
pouvant m'empêcher d'ouvrir la
réflexion sur la place qu'occupe l'école
à multiples niveaux (institution,
enseignant) pour permettre le développement
personnel de l'individu, dans le respect de ses
talents? Petite utopie face aux grandes
questions d'économie d'échelle ou d'un
pragmatisme sécurisant par une
instruction évaluable à
très court terme. Pour ces enfants qui
passent à l'école
la grande part
de leur enfance, quelle éducation
et quelle citoyenneté
dans la seule recherche de l'efficience?
Jeanne pleure, Audrey la
recouche, c'est le temps de la sieste. Je reviens de palmer dans le
corail. Toujours cette exubérance de vie.
De grands poissons sautent en pleine mer, non identifiés.
Oiseaux et cocs chantent, des poussins picorent sous la table, les
chiens aboient, les enfants dans la cour, le feu sous les marmites,
la feuille de coco sèche sous le soleil en
dégageant une odeur typique de ces cases
traditionnelles; nous sommes et serons toujours en Loyautés.
Me revient ce dessin:
vivre dans le monde en intégrité, hors de
l'esprit du monde; Brassens chantait: “au village sans
prétention...”. Cela semble
bien difficile seul, mais les montagnes me
manquent, j'en rêve les nuits. Encore
l'espace temps de ce voyage pour aller à
l'essentiel et décider ou non le retour
qui sera difficile. Je ne peux me résoudre
à vivre dans l'esprit du monde tellement
la richesse humaine est immense; intimement persuadé
que nous devons avoir une grande paix intérieure
pour être soi même. Les
frustations, les colères, les peurs nous
lestent dans ce quotidien diaboliquement organisé.
Souvenir d'études, je n'ai jamais
apprécié l'approche marketing. Chacun
perçoit bien avec ses difficultés
sa propre réalité
qui ne lui est que temporelle. Pour
nous ici, c'est vivre et se libérer. Cela
passe par de petites morts,
accepter le manque d'hygiène de la
cuisine, de la douche à l'eau
froide le soir par temps humide... Notre nombre de changes
vestimentaires étant limité. “Le voyage
forme la jeunesse” énonçait
le dicton, c'est la nécessité de se
prendre en charge et de s'assumer dans un relatif dépouillement,
nous rendant vulnérables et
inconnus, qui nous offre la rencontre de l'étranger
dans ce qu'il a de bienveillant. Nous sommes maintenant, sans
enfermement par le jugement
du quotidien. Trop souvent, avec beaucoup d'empressement et
d'efficacité, ne se rassure t'on pas en
renvoyant la personne rencontrée dans un cadre de ce qu'elle est
censée représenter? Jugement... Ce voyage
peut-il nous conforter pour ne pas se laisser enfermer dans les
réalités de masques de société ; cotoyer
l'esprit du monde occidental sans s'y égarer?
Au revoir à
cette société kanak; merci de ces rencontres humaines.
Hubert Reeves s'interroge “Quelle
intension dans cette Nature
exceptionnelle?”. Notre amie Louise
chanterait “Que la richesse de Dieu est immense, que sa sagesse et
sa connaissance sont profondes...” son site en lien. Ici nous lisons sur une toile
peinte dans le Faré de Céline
en reconstruction “Garde le silence devant l'Eternel et espère
en Lui”.
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