dimanche 14 septembre 2014

Une semaine - On pense doucement nos adieux à Lifou

Arrivée par le vol du 10 septembre. Bien qu'ayant fait le vœu d'une nouvelle annulation d'avion pour deux nouveaux jours au Paradis d'Ouvéa; nous rentrons sans encombre sur Lifou. Juste pour Mathieu un problème d'oreille entre la plongée en tuba du matin et la montée en altitude 3 heures après dans le petit coucou. Sous antibiotiques préventifs, on va essayer de dormir un peu car les logements à Ouvéa n'ont pas offert la quiétude nocturne espérée par un tel lieu... Idem pour les siestes de Jeanne beaucoup chahutées. Chez Rachel Gaze, seules les vagues nous bercent bruyamment. Donc on dort comme les poules.
Troisième virée au Cap des Pins
Retour à Lifou comme si l'on rentrait de week-end à la maison, belle sensation d'acclimatation. Les adieux à cette Terre seront comme prévus pincés dans l'émotion.
"Totu" comme dit Jeanne
Ce week-end nous logeons dans une maison, chez Greg et Aurélie temporairement absents, ils nous offrent ce cadeau très touchant. MERCI. Grace à eux vous pouvez lire ces posts internet qui ont longuement attendu.
Derniers préparatifs de paquetage pour le fret avion que nous renvoyons directement sur Nouméa, et nous partirons pour Maré allégés, par le bateau "Betico" mardi matin 6h. Sauf si météo bloquante. Pneu crevé de la carriole à réparer.
Sans le vouloir, vient le temps des adieux. Ce dimanche soir, la famille Gaze nous l'a offert tout simplement dans leur chez eux, chaleur humaine spontanée dans cet intérieur sobre et dépouillé. Petite Jeanne est survoltée; dansant devant un épisode de Bob l'éponge. Beaucoup d'attention portée aux enfants par tous, adultes et autres enfants de tout âge. Norman, l'aîné de Rachel offre à Jeanne une sculpture de gardien en bois de Santal.
Petit goûter à Luengöni
Prochaines nouvelles sans doute début octobre en Nouvelle-Zélande; nous tenterons de retourver un PC à Auckland. Arrivée planned le 2 octobre.
Tout de bon à vous, Suerte
A&M et Jeanne 


Septembre: une semaine à Ouvéa

Mercredi 3 sept.

Première nuit. Dans la case, ventre de la mère et abri coutumier; Jeanne dort sous sa moustiquaire. Nous de même, j'écris appuyé sur Audrey à la lumière rouge de la LED Petzl. Toujours ce bruit des vagues qui ne nous quitte pas depuis 6 semaines. La valeur temps se dissout ici. Observation faite, majorité de kanaks, adultes et enfants ont un raisonnement loin de l'abstraction mathématiques de notre fonctionnement occidental culturellement, s'y ancre des valeurs non efficientes ou mercantiles mais sensibles, orales, humanistes et réelles. Force de cette valeur existentielle dans la simplicité d'un échange fort et vrai. A notre échelle, une brève rencontre de trottoir devrait être une présence. L'indifférence est un cancer du capitalisme où l'individualisme pour et par l'économie financière devient seul maître, à toutes les échelles de la société. Entouré d'une foultitude d'artifices compensatoires par plaisirs éphémères, c'est la mort à petit feu. Jouissance éternellement insatisfaite; certains diront que l'homme est ainsi fait pour trouver route dans la part divine qu'il garde en lui. Aussi l'altérité nous permet d'exister, ici en Terre kanak l'exemple est criant.; merci Lifou, bonjour Ouvéa.


On a ressenti dans ce petit îlot plus de tensions et plus d'abus d'alcool chez les jeunes qu'à Lifou, sans doute à l'image de dérives croissantes que l'on nous décrit sur la Grande Terre. Le colonialisme, la culpabilité des éducations missionnaires arrivées il n'y a pas si longtemps, le choc culturel face au capitalisme sauvage ouvre à cette jeunesse un espace identitaire complexe. En parallèle, les événements d'Ouvéa de 1988, semblent encore très présents dans les coeurs de ce bastion kanak.


Autres paroles riches de J-M Tjibaou: "Le propre de la culture c'est d'être partagé... Si je peux aujourd'hui partager avec un non-kanak de ce pays ce que je possède de la culture française, il lui est possible de partager avec moi la part d'universel contenue dans ma culture . En deça des affinités qui forgent  le partage des cultures se situe le préalable d'une reconnaissance explicite de la personnalité de chacun. /.../ Le retour à la tradition est un mythe. Aucun peuple ne l'a jamais vécu. La recherche d'identité, le modèle, pour moi, il est devant soi, jamais en arrière. C'est une reformulation permanente. L'identité elle est devant nous."
En compagnie de Jean-Baptiste

Rachel & Pierre tiennent Dydyce, un accueil gîte snack à très bonne réputation par les globe trotteurs rencontrés et les locaux; toujours beaucoup de gentillesse. Pierre attend depuis 8 mois un nouveau bateau suppléant son dernier défunt d'un coup de météo soudain. 20 ans de travail en mer comme guide, plongeur sur les pléiades Sud de ce lagon classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Joie perceptible chez lui. Famille catholique, Xavier le petit fils partage des moments trampoline avec Jeanne et le ballon. Pour notre puce, c'est une continuité avec les jeux de Nounou Barbara et les garçons. C'est la fête du trampoline!
Je fais une coutume par signe de respect et pour saluer notre présence en réponse à l'accueil de Pierre et ses aïeuls toujours présents dans leurs croyances. Ils sont avec nous et bébé, ici - merci. En retour, fortes paroles de cet homme charismatique, après avoir convoqué sa femme devant nous; je tente une retranscription de mémoire: "Le geste est beau, je t'en remercie; Il symbolise le respect de nos coutumes et nos ancêtres ici présents. Ce don, ce billet, aide à nourrir le corps, mais je vous reçois avant tout par votre parole. Même sans rien à donner de matériel, avant tout l'accueil de la parole, de ce qu'il y a dedans, là ensemble; partageant avec sincérité c'est l'important - Oleti."
Depuis 1996, Pierre a quitté Nouméa pour revenir sur la Terre de leur famille construire se vie. Nouméa devenant comme la France selon lui (à l'époque...). A vous de comprendre. Après avoir fait snack ambulant, ils ont construits cet oasis, et Pierre vogue sur l'eau turquoise de ce lagon.

Le magasin de Fayaoué le plus proche, offre un fonctionnement sympa. On arrive au guichet, les étales sont visibles, et l'on passe commande au serveur pour récupérer les produits.
A demain... Bisous d'Ouvéa; la lumière gène Jeanne ensommeillée.

Plage de Fayaoué

LUNDI 8 septembre - Moagué

La pluie est arrivée cette après-midi. On prend le temps d'écrire. Jeu de dés, Jeanne est au dessin et tatouage de bébé corolle. Ce matin, nous avons quitté Fayaoué après avoir salué Pierre et Rachelle car ces deux prochaines nuités étaient full chez Dydyce. 
Au sud ouest d'Ouvéa, la gentillesse de Camille nous conduit en voiture confort jusqu'à notre nouvelle paillote, plus petite que la case mais bien cocoon. 4 jours écoulés sur cet atoll du bout du monde. Le soleil nous a accompagné pour nos virées touristiques. Entre les siestes, cuisines, causes, bains, couches et petit quotidien de famille en voyage, on a loué 2 jours de voiture pour gagner le district Saint Joseph au Nord puis la pointe de Mouli à l'autre extrémité. Le lagon se colore en pleine lumière de 11h à 13h avec toute la palette couleur que la nature crée. 
Pendant les 2, 3 heures de sieste quotidienne, "on baigne à la mer". Toutefois, le lagon ne donne pas confiance à nager trop au large. Le sable trouble l'eau, ce qui participe à ces colorations extraordinaires, mais de fait cache les animaux de passage et ici dans cette réserve naturelle on préfère voir les environs...

Contraints de laisser nos vélos à Lifou, faute de pouvoir les emmener en bateau, on découvre l'unique route d'Ouvéa, bordée d'eau. Au plus étroit de l'isthme, le lagon et tout proche de l'autre côté de la chaussée, l'Océan Pacifique. Sentiments différés en découvrant Ouvéa après Lifou. Ici, les hommes sont barbus! plus qu'à Lifou, détail sympa pour papa Mathieu en perte de rasage depuis 3 mois... La population semble beaucoup moins dense, les habitants dispersés et les tribus plus petites. Beaucoup d'églises missionnaires, de vierges. La religion est catholique d'usage et kanak de coeur. Les cocoteraies sont bien entretenues pour travailler la coco en la séchant. L'usine de l'île transforme le tout en huile, savon et lessive permettant d'assurer l'autosuffisance en électricité. La vie s'écoule également au rythme d la coutume. "Elle a toujours été et sera..." Le touriste s'adapte et adopte de gré ou de fait le "casse pas la tête". Deuil, mariage s'impose dans le calendrier familial. Beaucoup de respect pour cette attention donnée aux anciens. La mort ici n'est qu'un passage. Privé de son enveloppe corporel, les âmes restent présentes dans la vie de chaque jour. Les sculptures bois des poteaux, faîtières, encadrements de portes nous les rappellent. Invités que nous sommes devons respecter les lieux de ces croyances. Dans chaque terre, il y a des tabous, des endroits sacrés. Seuls les membres de la famille peuvent nous y mener après avoir, avec les aïeuls, accepté notre "coutume". Pour souvenir, nos 3 semaines à Lifou en quête de "Stéphane" pour visiter sa grotte à Xodre. Maintes rebondissements. Une vraie saga que l'on pourrait retranscrire dans un court métrage comique, ressentant le "casse pas la tête" local. Coups de téléphone, enquêtes à vélo, interviews de voisinage pour finir par hasard le jour du départ à Ouvéa, par rencontrer le père, le fils et donc Stéphane à Wanaham en jouant avec Jeanne. Un peu imbibé d'alcool, comme très souvent chez certains kanaks, Stéphane me donne un 4ème numéro de téléphone où je pourrais sans doute le trouver à notre retour d'Ouvéa. Affaire au énième rebondissement à suivre! 
Ici, c'est pas simple mais tout est possible. Le truc, c'est de ne pas s'imposer de calendrier occidental. Le temps offre d'autres notions sous les tropiques que l'efficience.

Trou d'Hanawa
Instants forts d'Ouvéa:
Sur les indications de Solène, rencontrée les premiers jours à Lifou, Jean-Baptiste nous guide dans la forêt pour découvrir les perruches endémiques de l'île. Nous partons pour 3 heures de balade, les sens en éveil, régal de marcher en forêt. Jeanne, fatiguée et grognon sur ce début de balade, entend le chant du siffleur doré et dit "oiseau", "oiseau". Réalisant avec Jeanne un bateau de coco, sable, feuillage et bois, sur cette plage déserte, Jean-Baptiste nous offre à Audrey et moi un temps de snorkeling en couple, notre premier! Se retournant au crépuscule, pure et poignante son explication des événements d'Ouvéa auxquels il a participé directement. Les 19 exécutés, dont un frère, sont toujours là. Pour adieu, touché par Jeanne, il l'invite à revenir ici pour y vivre comme chez elle. Nous lui transmettrons ce message.

Trous d'eau secrets, plages et végétations partout; Félix conduit un petit bateau qu'il guide avec quelques touristes jusqu'aux falaises de Lekiny. Baie d'entrée dans le lagon par la passe du pont de Mouli, ce lieu est  pure d'une nature préservée et puissante. La grotte à flanc de falaise, après avoir abrité les habitants de Lekine pendant 2 jours au cours d'un cyclone en 1963, est aujourd'hui lieu marial; en remerciement s'y déroulent les premières communions.
Jeanne joue avec Marie-Anne sur le bateau pendant que papa et maman font un petit tour des fonds sous marin dans cette réserve de pêche coutumière (on y prend goût). Premier requin pointe blanche pour Audrey. Oups!... Poissons et coraux de plus en plus riches. Sentiments de profusions, et d'être comblés de beauté en retour.

Falaises de Lekine

La sortie à la pointe de Mouli avec Jules et Camille au soleil couchant... Un tombant époustouflant avec des coraux exubérants! Bancs de poissons et puissant respect renvoyé par ces fonds mystérieux: bleu profond, grottes. Le retour avec le courant est plus long. Audrey restée avec Jeanne sur la berge est en souci, surtout que Doudou est à la mer! SOS Doudou dans le Pacifique. Tout finit bien pour lui, un bain salé d'émotions en retour. Jeanne retrouve tout son monde. Elle enfile le masque et "baigne à la mer". De plus en plus à l'aise, elle s'éclate sur le trampoline, les balançoires face à la mer ou le toboggan. Le top! Il y a des copains locaux ou des amis voyageurs pour jouer avec elle! 
"A table..." Je pose l'encre (les moustiques attaquent) pour aider au temps du coucher. Bises à tous
Plage de Mouli

Rentrée des classes - Week-end prolongé à Lifou

Ce lundi 1er jour de rentrée, forcément grosses pensées pour tous les collègues et petits bouts. Nous devions voler pour Ouvéa ce jour, mais l'appareil essuie une panne technique et au final le vol est annulé; prochain avion mercredi matin J+2. Air-Loyauté sous tutelle d'Air-Calédonie nous offre le logement d'attente sur Lifou au "Drehu Village", demie-pension pour notre grand plaisir. Ce sera donc un week-end vacances dans ce voyage... Repas au restaurant en amoureux en baie de Chateaubriand, pendant que Jeanne dort paisiblement. Les petits déjeuners buffet sont mémorables pour nos petits estomacs de voyageurs. L'hôtel trois étoiles de Wé met à disposition des kayaks pour la joie de Mathieu; deux belles escapades à la rencontre des pêcheurs d'ici (les apôtres sur leur barque, avec des noms bien classiques, rencontre utopique).

Ayant croisé plusieurs fois les chemins de Gérard et son épouse, professeur d'EPS spé. voile, autant dire le poste de rêve ici... Au crépuscule, l'opportunité d'une virée en petit Cata se fait tout naturellement; petit clin d'oeil à Olivier, notre coach initiatique dans ce sport. Au fait, on a rencontré plusieurs familles vivants sur leur voilier dans ces eaux chaudes protégées par les lagons de corail, L'expérience a l'air très belle.




samedi 13 septembre 2014

Fête du Miel & du Santal - Easo

WE du 30/31 Août

Easo, chez Benoît; c'est jour de fête avec une organisation par la tribu bien pensée. Conférences, concerts, ateliers, danses tribales, farniente plage brochettes, ou sorties en mer pour les plus sportifs, le week-end se déroule avec beaucoup de simplicité et de chaleur humaine. Les dansseurs du Wetr sont saisissants. Le lendemain de la soirée arrosée, le speaker de la scène que l'on entend sur une vidéo était bien en forme!







Petites vidéos.





Mercredi 27 août "Jour de marché"

Plus d'un mois sur Lifou. Ce rythme de vie local est devenu notre quotidien "Casse pas la tête" résume assez bien nos plans. Parenthèse sympa, ce matin un ouvrier faisait la circulation sur une route en travaux: il portait une paire de claquettes...
Difficile d'organiser les virées touristiques dans cet environnement hors du temps capitaliste et efficient. La coutume règne dans les mœurs; activités et travaux sont à majorité vivriers. Par exemple, il est compliqué de trouver du poisson, ou d'acheter la pêche d'un membre de la tribu. Celle-ci est donnée, ou échangée, le but lucratif n'entre pas tellement en jeu, ou différemment. Le travail est collectif et soumis aux règles locales des chefferies coutumières.
Jean-Marie Tjibaou, personnalité kanak exprime clairement tout cela: "Ce qui est fondamental dans la culture kanak, mais que l'on retrouve aussi dans d'autres cultures, c'est la conception de l'homme. L'homme n'est jamais individu; il est le noyau d'un ensemble. Il est le centre de relations et il a un rôle à jouer dans un centre de relations donné. L'Homme comme relations, ça induit des relations au monde moderne qui sont assez difficile. Par exemple, sur le plan de l'épargne; si on épargne c'est toujours pour donner à une cérémonie ou pour construire une maison pour recevoir des gens, mais jamais pour agrandir un capital quelconque pour devenir le millionnaire du village qui éclabousse les autres avec sa Mercedes , son standing /.../ Dans le système mélanésien, pour être un homme prestigieux, il faut "avoir" bien sûr, comme partout. Il faut donc travailler ou avoir une grande famille qui permette de beaucoup avoir. Le prestige, c'est alors de donner, de beaucoup donner et de donner partout; c'est à l'envers du monde capitaliste. /.../ La coutume c'est moins une relation interpersonnelle  qu'une relation de groupes, de communautés. La coutume est pour nous le geste qui, à chaque moment, à chaque rencontre, rappelle cette relation. Pour nous le terme générique de coutume c'est plutôt le droit, notre manière de vivre, l'ensemble des institutions qui nous régissent."

Pour la joie de Jeanne, chaque jour nous offre le plaisir de rencontrer des petits bouts. Il pleut depuis 48h, ce qui nous maintient au calme et c'est le temps de la narration et des casses croûtes à toutes heures. Hier, quelques km à vélo entre deux averses, j'ai pu aider Greg un court moment dans ces serres de tomates - concombres.
J-5 avant Ouvéa; le gîte Dydyce vient de nous apprendre l'annulation de 10 jours de réservation... il nous faut donc repenser nos dates d'avion. Ouvéa ce sera à partir de lundi 1er septembre! Modification faite après 1h30 d'attente épique devant les locaux d'Air Calédonie Wé, en mode local: 20 numéros bois donnés aux 20 personnes devant la porte, afin d'accéder à l'attente dans l'agence... Déposé spécialement par Rodney (merci) à 7h30 devant la boutique, cette attente nous oblige d'annuler notre participation à la rando prévue ce matin à Luengöni; Désolé pour Rodney et Alice rencontrés à Mou. On profitera d'un temps en Nouvelle-Zélande pour balader ensemble. Le monde est petit, Rodney et Alice connaissent très bien une collègue instit' passée par le Pays de Gex, excellent!
Au final, on reste le week-end du 31 août à Lifou, et c'est avec grand plaisir que l'on pourra assister aux festivités du "Miel et du Santal" tenues à Easo.
Les siestes de Jeanne, la plage bordant l'accueil de Waka est devenue une plongée quotidienne. Avec la marée basse et une mer calme, l'océan est fascinant de vie, et toujours cette appréhension dans l'eau. Poissons tropicaux en nombres, tortues que l'on retrouve chaque jour, raie, murène, serpent de mer.

A notre retour sur Mou, le 15 août dernier, fête pour Jeanne et retrouvailles de Tom & Charly. Au début du voyage elle tirait les vêtements des enfants rencontrés comme pour se les approprier, compagnons de jeu, ou forme d'expression contournant la frustration de l'absence des mots. Depuis peu, ces fameux mots arrivent... et plus de tirage de maillots!


Nous partageons de beaux moments en compagnie de Greg, Aurélie et les deux garçons. Découverte d'un lieu de prédilection: la plage de Joj "dzodz", paradis des enfants pour le plus grand plaisir des parents; repos et bain. Guidé par Greg sur son surf-ski, longue embarcation offrant une belle glisse, (Guillaume aimerait sans doute), je m'hasarde sur son enthousiasme jusqu'à la passe de corail, pleine mer toute proche. Première sortie sauvage et rencontre quasi immédiate avec un requin pointe blanche, au repos, là 3m sous moi. Il est dérangé par ma présence et avec calme disparaît rapidement. Montée d’adrénaline post rencontre. Je suis à 200m de la plage, Greg est là (au-dessus de l'eau) et dans une sorte de canyon de corail en présence de requins qui ont disparu... Je ne suis pas sur ma terre donc je repars, un oeil derrière mes petites fesses de touriste. Fascinant et refroidissant quand même. Merci à nos rencontres passées pour nous avoir rassurés sur ces animaux.

Les plages de Mou à Xodre seront encore l'occasion d'une virée mémorable en compagnie de Greg. Cette fois, nous atteignons tout deux le tombant, pleine mer: bleu Coustaud. Les fonds sont magnifiques, imposants ou microscopiquement beaux. On retrouve sous cette plate étendue d'eau qu'offre l'océan, la diversité que j'aime côtoyer en marche de montagne. Reste la difficulté d'appréhender ce milieu où l'on se traîne tel un ver derrière des tortues ou des raies Formule1.

Vendredi, Rodney et Alice ont vu des baleines au Cap des Pins. Aussi ce samedi 23 août, nous prenons les vélos pour retourner sur cette balade. Et beau cadeau, les mammifères nous y attendent... On est tout excité, et l'on saute sur le corail avec Jeanne pour s'en approcher.





Drueulu - Luecila puis Mou à vélo

13 août, étape de 25 kms en 2 heures sous le soleil. Jeanne dort paisiblement dans la carriole. Nous apprécions le paysage, les jardins magnifiquement entretenus; cocotiers, hibiscus, fleur de tiaré, bougainvilliers... Petit temps de méditation.
De retour chez Jeannette, on rencontre Luc, Cyril et Benoît avec qui on passe de bonnes veillées. En baie de Chateaubriand, Jeanne court sur cette très belle plage. On a envie de la parcourir à pied mais elle a d'autres plans, jouer avec les petits enfants qu'elle rencontre.


Vendredi 15 août, après ces deux nuits à Wé, nous retournons à Mou à bicyclettes; grosse étape. Cyril et Luc s'y rendent aussi. Ils acceptent de prendre nos bagages pour alléger notre journée. Grand merci à eux car nous pédalerons avec un fort vent de face. Petites pauses en milieu de chemin; marché à Wé où une "manou" nous offre une fleur que nous ferons voyager; halte casse-croûte: avocat, bananes, papayes, changement de couche en forêt puis baignade à Luengöni. Après 47 kms, de cette étape la plus belle pour moi, une grande case nous attend pour dormir. Matelas à même le sol, bercés par le bruit des vagues, nous retrouvons la famille Gaze et l'atmosphère du sud. Calme et douceur ici. Pour Jeanne, la case est gigantesque, elle saute de matelas en nattes et passe de longs moments à jouer avec les coquillages et graines récoltées. Elle trie, range, jette... Derrière la case, la plage et une balançoire "made in Lifou" qui fait le bonheur de Jeanne. Merci pour ce temps de ressourcement. On se sent bien ici.






jeudi 4 septembre 2014

Au Cœur de Lito

Retour au 9 août: Accueil chez Marie-Claudine & Theo, logés chez le boulanger nous mangeons avec Délice le pain frais quotidien. Drueulu (difficilement prononçable) est à l'Ouest de We. Protégé des vents dominants, le coin de criques est un régal de couchers de soleil en baie de Santal.
Ayant repensé notre virée dans le nord de Lifou en voiture pour facilités de logement en cette période des mariages, on s'offre 3 jours à Xepenehe, Easo, belvédère Notre dame de Lourdes. L'aquarium naturel de Jinek tout juste en bord d'escalier permet facilement de nager au milieu de nombreuses espèces locales.
Petite route menant à Jokin et ses falaises de calcaire corallien, atmosphère de jardins kanak excellente. Ce trip en voiture c'est plus simple mais vite rattrapés par le plaisir des rencontres, on retrouve nos vélos tout content de cet autre rythme. Vulnérables, la présence de Jeanne dans sa carriole ouvre toutes portes.
Parenthèse siège auto... Pas simple de faire comprendre à mademoiselle l'alternative entre auto stop free-lance et voiture en siège auto... Aussi nous devons composer car ici la sécurité routière diffère de la métropole.





Mardi 12, option pour Kiki- beach dans la propriété de Jean-Paul. Averse de pluie non prévue. Portant Jeanne, les sacs et marche d'une heure A/R  en forêt tropicale, le calcaire coupant, les racines sont glissantes. Donc un peu de crispation au départ.. Mais quel spectacle offre ce site de falaises surplombants la petite plage d'eau cristalline. Un poisson enorme passe juste au bord, requin? Un peu refroidissant pour notre projet baignade. Le pique-nique c'est dans un bourrelet de falaise érodé par l'océan. Jeu de coquillages changement de couches, nous regardons tomber le rideau de pluie. Retour glissatoire à la tuture en musique de Mou.


Nouvelles fraîches

Plus de PC depuis le 14 Août: hard disk fault!
De fait l'on abandonne nos habitudes occidentales de l'informatique.
Mais c'est le temps de donner quelques nouvelles sur nos aventures humaines.
Jeanne et papa maman sont heureux! Grande paix de cette vie vagabonde faite de rencontres et d'échanges. 6 semaines hors du cadre occidental, nous sommes connectés et déconnectés...
Ci après rappel de quelques journées passées, les photos viendront mi septembre avec un créneau d internet possible prévu. Gros bisous de chez Dydyce ou Rachel et Pierre nous accueillent depuis hier arrives à Ouvea.