jeudi 17 septembre 2015

Bilan sur les suites du voyage

Nous voilà rentrés en France. Allongés au pied du Jura, nous rattrapent des réalités financières. Goût d’inachevé, mélangé d’un esprit clair et en paix. Vivre intensément et libérés laisse des marques à l’intérieur. On souhaite continuer, gagner au loto ou vraiment tout lâcher ? Mais un cycle de travail revient. Audrey prolonge ce temps lent en vie de famille.

Depuis l’atterrissage à Lyon, les mois s’écoulent, parfois avec turbulences. Les Alpes en lumière nocturne… Nos familles sont là pour l’accueil, le cœur est serré, joies de retrouvailles mêlées à la tristesse de stopper cet état de vie. On s’y attendait, malgré nous, la vie gessienne reprend lentement sa place, et clairement un coup de mou au moral. Retour, dans le tourbillon. Qu’est ce qu’on va faire ici ? Combien de temps ? Choc pour les corps, le froid de l’hiver ; refaire son immunité. Les jours sont courts, petits plaisirs de la neige. Nous poursuivons de nouveaux projets, nouveaux moteurs. Cette énergie qui nous a permis de réaliser de belles choses pendant ces mois nous lâche doucement. Jeanne est perturbée, construire des repères dans un nouveau rythme de vie. L’état d’esprit environnant se vide de sourires et de l’intérêt de nos amis balinais. Sentiments de profusion en vocabulaire de Shakespeare pour le plaisir des grands parents qu'elle demandait. Elle vit l’absence de papa et est un peu perdue dans une chambre toute seule. L’arrachement soudain à cette vie balinaise pleine de relations humaines et rituels de vie, lui fait naître des émotions anxiogènes. L’abandon, perdre les gens que l’on aime, en un instant. Elle nous évacue cela les mois passant. Ses souvenirs sont bien là, ils s’altèreront dans ses pensées en grandissant, mais le corps se souvient et garde mémoire de ce vécu exceptionnel, elle danse tribal, inspirée par les ancêtres nous a t-on dit.

« Vous n’avez pas travaillé tout ce temps ? Quelles vacances, la chance ! » Rentrer de vacances … ce serait reprendre ses habitudes. Hors la lenteur de ce voyage, nous a changé, un autre rythme qui fait du bien, d’autres priorités. Ici, notre liberté d’être et de donner le temps se mue en une aliénation de mille contraintes quotidiennes où beaucoup semblent y voir leur norme. Mais après avoir goûté à d’autres réalités que l’on trouve plus humaines et plus saines, il y a une grande violence pour nous dans cet atterrissage.

Solitude… Le besoin de partager notre aventure est difficile avec nos proches. Conversations efficaces, se recentrant inévitablement sur des routines et soucis. Constat de cette énergie colossale consacrée à réaliser une perfectibilité matérialiste de confort. Besoin de cadrer qui nous apparaît insensé. Le partage avec d’autres voyageurs vient donner l’écho à nos émotions de ce vécu. On repasse les photos avec larmes aux yeux ; vient le moment du travaille d’albums. Tri d’images qui fait rejaillir des souvenirs d’un moment de vie parallèle, puissance irréelle des flashs de nos mémoires sensitives.

Congruents à ces changements, certaines relations en deviennent difficiles. Ces mois, nous croisions les regards surpris, échangions avec des gens ouverts, « qui es-tu ? où vas-tu ? » ; questions pleines d’humanité, maintes et maintes fois appropriées. On a pris la mesure de se les poser à chaque instant, et cela fait sens. Simples bonjours échangés avec honnêteté du coeur. Forcément, ce qui nous attriste depuis le retour, c’est la tension ou les peurs omniprésentes. Fragilité d’une France en stress d’un coup de chaleur ou bien d’une éclipse solaire… Agressivité et indifférence active d’un individualisme ancré dans la méfiance voir le désintérêt pour l’autre, pourtant jusque-là inconnu ! Dans la puissance de l’imprégnation, quelle éducation choisirons-nous de donner à nos bambinos pour un peu plus d’empathie et de respect des différentes réalités ? Dans cette vie occidentale qui tue les rêves, les trépidants matins semblent happer lentement ce besoin primaire d’altruisme. Et pourtant quel confort de vie autour de nous. Je repense à la non efficience toute simple des kanaks, à leur culture communautaire. Nous sommes frappés depuis notre arrivée de cet appauvrissement occidental dans les relations humaines, essentielles pour l’esprit. Quel drôle de monde nos enfants doivent affronter. 

Choisir l’étranger en terre d’asile ? L’idée nous côtoie en permanence. Conscients que les cultures kanaks ou balinaises sont abordées par la mondialisation, qu’une vie professionnelle sur les îles n’est pas un idéal perfectible, loin de tous, étrangers, on recherche du temps lent à être vivant. 
Cela peut paraître déconcertant, de longues journées sans avoir rien de particulier à faire. Cette sensation nous est devenue quotidienne, et pleine de sens à notre retour. S'ouvrir aux rencontres, être en famille, prendre le temps avec les gens pour l'essentiel. En métropole, on fait mille activités. Nous, nous avons ressenti et regardé couler le temps. A présent, l’activisme et nombre de détails portés en importance m’indiffèrent. Comment pourrait-il en être autrement ? Je relativise et me questionne sur notre capacité à nous satisfaire de ce quotidien métropolitain sans se projeter vers cet état que procure le voyage. Privilégiés ? Oui, ici en France, cela ne fait aucun doute. Mais notre temps est aspiré par les activités professionnelles, l’on cherche ces rencontres curieuses, les ruptures des conditionnements, le voyage et ses expériences enrichissant l’âme. Il nous faut toutefois se poser pour digérer, verbaliser nos sentiments, mais nous pensons chaque jour au prochain…

mercredi 8 avril 2015

La clé des chants

On pourrait sortir un instant
et regarder passer les gens
mais on se laisse enfermer
on oublie toujours de rêver

Pourtant, rien n'est plus important
souvent, le temps c'est de l'argent
que la mort nous reprend

On pourrait s'amuser vraiment
et se faire croire qu'on est des anges
on pourrait s'enivrer tout l'temps
pour retrouver la clé des chants



On pourrait s'asseoir plus souvent
et regarder siffler le vent
mais on fait tout à l'envers
à chaque jour suffit sa guerre

Alors, on essaye d'être fort
dehors, tout est multicolore
mais les hommes se dévorent

Ça fait rire les enfants
de nous voir impatients...
(Mick est tout seul)


jeudi 5 février 2015

Transit à Bangkok - Thaïlande


Mercredi 4, AirAsia nous pose à Bangkok pour 3 nuits avant le grand voyage. Jeanne est un peu déboussolée, elle pleure et veut remonter dans l'avion car elle s'attendait à voir la neige et ses papis mamies. Mais rien de tout cela pour ce stop de transition. Elle réclame les motos et ses amis du Swasti.



Elle se consolera dans le taxi confortable où, pleine de fatigue, elle glisse le tobbogan avec énergie sur les fauteuils inclinés. Hello la sécurité routière pendant ce rodéo dans la circulation de cette mégalopole, une des  villes les plus chaudes du monde (32 degrés au coucher).


 


Nous sommes 22km au Nord-Ouest, au calme dans une famille adorable avec un petit garçon de 2 ans. Ils tiennent un gîte référencé au guide éco-durable Tao que l'on recommande 'The Thai House'. On essaye de retenir le Thaï, mais ce n'est pas evident. La nourriture est trop bonne, vrai festin apprécié de nous trois. Le dodo c'est à même le sol pour tous, Jeanne dort pour le seconde fois sur son grand matelas.


Beaucoup d'émotions, et un climat encore plus chaud. Dans deux jours c'est la neige! Pour rigoler, Audrey essaye son bonnet de laine made in Perou devant la glace, préparation mentale.



I love Bali

On quitte Bali le Coeur serré, beaucoup de liens créés et d'amitiés à saluer. 2 mois, après ce voyage, on peut dire que c'est pour nous la bonne durée pour apprécier et partager en famille l'atmosphère d'une terre et de ses habitants. Le voyage avec Jeanne ouvrant grande les portes de l'accueil au sens noble. On rentre avec le souhait de partager à notre tour cet accueil dans toujours plus d'ouverture.
 
 
I love Bali

 
Course poursuite contre la montre, Mathieu se fait pirater sa carte bancaire cette veille du départ. Alertés par la banque, après les démarches d'opposition, il faut déposer plainte. A minuit, Momo et Fabian l'accompagnent gentillement au poste de Police d'Ubud. Notre avion que nous avons déjà laisser partir le mois passé est prévu demain matin et les valises ne sont pas terminées... C'est chaud chaud.

Et notre banquier confiant qui nous propose de faire notre dépot de plainte par internet... Cela nous laisse rêveurs, nous sommes en Indonésie là! Les Policiers semblent particulièrement corrompus. Accueillis au poste par deux personnes en civil - ce sont des policiers... la radio crache ses infos en couvrant nos voix - n
ous nous voyons refuser le dépôt de plainte car l'affaire dépendrait d'un service spécialisé dans ce genre de criminalité, afin de mener enquête.

Du coup, seul le commissariat de Denpasar peut gérer mon problème et prendre mon dépôt de plainte. Je suis bien aidé avec cela... nous nous demandons avec Momo à quoi servent donc tous
ces policiers dans ce bureau? Ce poste d'Ubud est prévu pour recevoir les plaintes de vol, mais il n'y a pas eu de vol physique dans mon cas, donc pour eux
cela ne les concerne pas. Pas moyen non plus de leur faire stipuler tout cela par écrit, ni ma venue dans leur poste cette nuit, cela ne les regarde toujours pas.


Il est 00h30, Denpasar c'est à 1h30 de scooter sans aucune signalisation, et Fabian qui a eu la gentillesse de m'accompagner pour traduire en Indonésien est chef

cuisinier au Swasti et travaille logiquement demain matin.

Notre taxi décolle à 7h45 pour l'aéroport et les valises attendent, l'ambassade française a un bureau mais à Jakarta (autre île) et ils n'ouvrent que demain
9h (décalage horaire dans cet immense pays). On tente un autre poste de Police, plus petit, sait-on jamais?
Au final, ils nous renvoient chez leurs confrères. On essayera l'ambassade demain matin, mais ils nous proposent: 'venez consigner les faits sur place. A Jakarta?'

La nuit écourtée, nous partons un peu speed mais portés par l'ambiance calme des Balinais. Le dernier Yoga de Mathieu dans ce petit îlot lui reste à coeur, entouré de tous ces locaux, pratiquants par méditation cette discipline du corps; trop bon et addictif.

lundi 2 février 2015

Où vas-tu?

 
'Où vas-tu?' Question récurrente lors d'une rencontre fortuite sur ces îles Loyautés ou à Bali. Derrière ces mots habite la conscience de l'autre.

 

A défaut de notre 'Salut, ça va? Oui' (question fermée). Pourquoi pas un 'comment tu te sens?' offrant à exprimer un sentiment au delà d'une convention de politesse.


La philosophie kanak nous a offert de se sentir exister par l'autre, et que c'est bon de vivre! Je remercie Dieu et repense à cet endroit chaque journée. Puisse t-il se préserver pour de longues années. Tu me reconnais donc je suis, simples échanges dans une profonde chaleur humaine. Le 'casse pas la tête' et la non efficience donnant à apprécier l'instant présent dans tout ce qui nous est offert. Coutume, comment s'appelle ta femme, ta fille? Où vas-tu? Les présentations sont la base de la relation, simples et directes.

A 32 ans, j'y ai compris la place magnifique du silence dans le dialogue et tout simplement à arrêter de penser.




Posés à Bali nous permet de se recentrer sur nos habitudes. Questionnement... On retrouve ici cette vie communautaire en familles élargies, avec des rites propres. Les relations sont plus rondes, plus touristiques et plus douces ou moins viriles (moins tribales), à l'image de leur religion hindouiste. Le sourire offert est remercié
par un autre, ici l'énergie partagée est religieuse. Leur vie est équilibre d'Homme, partagé entre encensement de leurs divinités et apaisement de leurs démons.


Merci à Jean-Pierre, Sandra, Momo, Putu, les I-Ketuts, Marthe, Gaël, Vincent, Alex, Jenny, Martin, Anouk, Puma, Suzanne, Susi, Prima, Komang, Nick, Lucie, Jade, Sky, Kadek, Marfel, Made, Fabian, Retna, Lena, Lilou... et toutes les personnes qui ont égrainé notre chemin de vie à Ubud.


Méditation de fin de voyage, pour croître en espérance dans le monde:
'Cultiver la GRATITUDE, ici, là et maintenant dans toutes circonstances'

Ou plutôt, s'émerveiller et remercier des choses réelles qui abondent et remplissent notre quotidien. Pourquoi les oublier pour mes projections et le temps que je passe à craindre, anticiper ou calculer mes lendemains, avec les émotions, le stress et parfois l'angoisse de mon impuissance.

Conditionnés par mes objectifs des 'il faut' ou 'je dois', je m'arrête pour apprécier la beauté de la nature (pensée à Odette et Walter de Lifou) ainsi que le positif de chaque acquis sur mon chemin parcouru. Comme tout bon marcheur le redécouvre, l'important est ce chemin, non le but. Les soucis sont toujours là, certaines peurs aussi, mais pendant quelques instants, être reconnaissant. Cela avantage la qualité à la quantité et la relation aux personnes.
 

Petite philosophie pour réfléchir nos relations aux autres 'les 4 accords Toltèques' bonne curiosité...
 

samedi 17 janvier 2015

Hello everybody & how are you today?

 
 
Jeanne récupère son énergie vitale surtout en fréquentant d'autres enfants. Dodo, manger, on s'astreint à plus d'attentions sur son rythme, et l'on retrouve avec joie Yellow Coco Play Groupe et nos amis plusieurs fois par semaine.

 

 

De notre coté, c'est le décompte avant de rentrer: J-3 semaines. Audrey n'est pas vraiment enthousiame, et l'ambiance en Métropole ne nous fait pas rêver.
Mathieu a bien la motive pour retrouver le chemin de l'école, et surtout les montagnes du Jura pour reprendre du sport!
C'est l'heure des questions et des noeuds au cerveau. Jusqu'à cet été nous regagnons la contée de Gex.



Anecdote: En galère pour retrouver un logement sympa et raisonnable, on renouvelle des paquets de dossiers sociaux. Lors d'une conversation téléphonique, notre interlocutrice reste sans voix pendant de très longues secondes face à notre réponse: ''il me faudrait vos 3 derniers bulletins de salaire /.../ Nous n'en n'avons pas /.../ Pas de salaire?!...'' SILENCE
Suite au prochain épisode.

 
 
  
 
 

On termine en musique, petit concert de soutien à la clinique ONG locale Bumi Sehat, précédemment évoquée, bonne ambiance yoga & love de Michael Franti.
 


En famille, au temple

Ce soir, Putu nous re-invite dans sa famille pour la cérémonie d'anniversaire d'un temple. Nous nous habillons au milieu de la maison en tenue de cérémonie. Il nous est difficile de communiquer, on aimerait tant parler avec sa belle maman et son beau-père qui essaye, mais seul des regards et des gestes. On se trouve bien bête sans la langue, seules nos mains et notre expression de visage, les sourires, rires car Jeanne fait le troublion.


 


On monte sur les scooters pour longer les rizières à la tombée de la nuit. Le temple est un moment fort, Audrey accompagne Putu dans les gestes et interroge sur leurs rituels de prière. L'ambiance est familiale, chacun est beau, souriant, beaucoup d'énergie partagée et de douceur sur les visages. Le son des gamelans, du prêtre qui prie dans le haut parleur. On rentre en musique, de nuit dans la campagne, avec les lumières fluorescentes du gadget acheté pour Jeanne. Mathieu est HS, 4heures de scooter pour aller à Denpasar déposer les demandes d'extension du visa, pas de plan et une grosse circulation bien polluante.

 

Ma vie balinaise

Jeanne est toujours malade, fièvre puis diarrhée se déclarent successivement chaque matin, on a de la peine pour elle et l'on doit se forcer à rendre ludique ces moments pour éviter ses angoisses. 7h00, ça frappe à la porte. Putu, employée au Swasti, vient me chercher pour m'emmener au marché local. Pas bien réveillée, je saute du lit et je m'éclipse en douce.

Je monte sur son scoot et c'est parti. En chemin, elle me confie ses difficultés au travail. Elle gagne 2 millions de roupis par mois, soit 130 euros avec lesquels elle doit assumer sa famille. Ce n'est pas suffisant pour payer les études de ses enfants, leur scooter, le projet de construction d'un logement touristique... Elle réfléchit à prendre un autre travail en parallèle. Cumuler 2 emplois est fréquent, comme Ketut qui nous aide pour l'extension des visas et pour trouver une maison, il va au champs après ou avant son job. Il lui faut environ 4 mois de culture en rizière pour fournir du riz à sa famille pendant 1 mois.
 


Arrivées au marché, elle me précise qu'il n'y a que des balinais ici. Elle ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée croissante de musulmans sur l'île. Elle fait les courses pour sa famille: fruits, légumes, poisson, feuilles de pandanus pour fabriquer les paniers d'offrandes. Comme à Montbrison, j'aime me promener serrée dans ces allées et la suivre au milieu des marchands ambulants, il y en q de partout. L'ambiance est détendue, souriante. Arret pour acheter des noeuds à cheveux pour Jeanne et des encas, elle veut lui les offrir. Je suis gênée et touchée par son geste; générosité malgré cette vie si pauvre matériellement.
 


 
Marché fini, elle me conduit jusqu'à Petulu, son village, fière et heureuse de me présenter à sa belle famille, de me faire visiter les lieux, sa cuisine, sa chambre, ses paniers d'offrandes exposés comme des trésors. Nous partageons, assises sur une marche, autour d'un café, nos vies de femme. Beaucoup d'émotions quand elle me confie que son mari est mort il y a sept années d'un cancer, opéré deux fois il n'a pas survécu. L’accès à une médecine moderne n'est pas universel, sans beaucoup d'argent ici on meurt, qui que tu sois. Je vois les larmes dans ses yeux quand elle me montre sur le mur sa photo, mais elle contient sa tristesse et me dit “long time now, I cannot be sad”. Ils ont eu trois enfants, leur petit dernier est décédé à 6 mois. Putu a 37 ans et élève ses deux grands 12 ans et 17 ans, entourés par sa belle famille. Elle est inquiète pour son beau père qui tousse depuis deux mois et nous demande si le baume du tigre qu'elle a trouvé dans un hôtel de touriste peut le soigner. Comme en Calédonie, ici on adule le 'made in' Europe. Ses parents habitent juste un peu plus bas, dans la même rue. Son père tient un business de djeco. Elle est l'aînée d'une famille de 5 et vit entre ses deux familles.




Dans leur culture, je constate l'importance du clan, l'entre aide et la communication au sein de la famille. Comme je l'ai ressenti chez les kanak, ils existent ensemble et sont proches les uns des autres. Quand je lui décris un peu ce qui se passe dans mon pays “riche” mais “appauvri” de coeur, nos vies loin de nos parents, grands parents, soeurs, c'est juste tellement loin de son quotidien et peu compréhensible. Elle me dit avec simplicité : “Audrey, dis à tes familles de vendre leurs biens et de venir s'installer ici, comme ça vous serez tous ensemble, et c'est bien le plus important. Jeanne adore jouer avec les enfants de Putu, ils lui font des calins, lui prêtent des peluches, lui font écouter de la musique sur leur téléphone.

Nos vies et nos cultures sont si différentes et en même temps on se sent si proches là dans l'instant. C'est bon la chaleur humaine dans les coeurs, d'être là les uns pour les autres quoi qu'il en soit (Louise, et on mange beaucoup de chocolat en voyage).

Un mois de plus à Bali


Posés dans notre petite maison de location à Nyug Kuning, nous prenons soin de Jeanne affaiblie depuis 10 jours par une sale bactérie. L'environnement très pollué de ce pays en développement est nocif pour le corps. Nous sollicitons plus d'analyses, mais il nous faut relancer et palabrer avec les médecins du coin, les protocoles de soins sont allégés et différents de la France. Du coup, changement de programme, nous annulons notre vol pour la Thaïlande, enfin, on regarde partir l'avion en espérant se faire rembourser nos billets par l'assurance.



 
 
Finalement, c'est ce que nous souhaitions au fond, rester à Ubud. Des rencontres nous attendent encore sur cette île des dieux, où l'on s'attache, comme celle de Putu avec qui je partagerai des moments uniques.
 
 
 
 



Mardi 6 janvier, je pars la journée en compagnie de Clara et Pascal pour descendre à vélo les rizières et villages au nord, magnifique et authentique malgré un début cliché touristique. Jeanne vie ma séparation dans les pleurs, j'apprendrai en rentrant à 17h qu'elle a vomi toute la journée. Dure, elle me réclame depuis des heures et Mathieu surchargé comble ce long temps de solitude. On réalise combien on a besoin de l'autre dans ces moments difficiles, mais impossible de joindre maman!

vendredi 2 janvier 2015

Commencer l'année en musique

Longuement attendue:

Lifou (Hnamus rencontrés au marché de Wé, les musiciens d'âmes du bout du monde: Mou)

Ouvéa (Pierre guide une équipe sur son bateau, charismatique et grand coeur kanak; en fond son ancien groupe de musique local)

Maré (après l'intensité de cette dernière île, l'émotion est forte de souvenirs dans nos coeurs; A7JK c'est un peu des loyautés qui nous accompagnera 2,5 mois dans notre Van de New-Zealand, Jeanne redemande encore et encore ce CD)


Nouvelle année en pétards!

'Bonne ANNEE joyeuse, folle et libre'

Ce 1er nous passons la journée dans la baie de Permuteran, un peu ensuqués par la nuit festive des locaux qui ont fait chanter la poudre d'artifice de la fin d'après-midi jusqu'au compte à rebourt. Chaque coin de rue lance ses fusées à minuit et Audrey pense que l'immeuble va sauter.

On trouve ici une vie locale, les hommes accompagnés de leur femme vont au champ tôt le matin pour cultiver du maïs dans les jardins en terrasses. Le soir ils y retournent, la chaleur tombée pour couper des branchages afin de nourrir 'Sapi' (la vache).


Sapi

 

Ce 31, pendant qu'on barbotte longuement dans la mer avec Jeanne en compagnie de Fabio, Emma et Nino, Mathieu part à la découverte de l'île Menjangan, sortie snorkelling dans la réserve naturelle. Jeanne est de plus en plus à l'aise avec l'eau et a envie de découvrir ce qu'il y a sous ses pieds. Elle essaye les masques, on sirotte et grignotte sur un transat, calin maman dans cette paisible bourgade. Chez Made au Santai warung, on se régale à manger assis sur des nattes de bons petits plats locaux. On adore et ça devient notre pain quotidien, surtout les jus de fruits frais mixés.

Avant-hier, notre errance en scooter nous pose au marché du coin (Pasar), temps fort, pas un étranger. Jeanne est l'attraction, on la prend en photo, on lui offre du vernis à ongles, des fruits, des fleurs, c'est énorme et très marrant. On ne se comprend pas trop, on ne parle pas balinais ni indonésien, les gens sont d'une grande gentillesse, mais Jeanne est un peu effrayée car les mamas veulent l'embrasser ou l'emmener faire un tour. On tourne dans les boutiques de vêtements, ce bout de l'île est en partie musulman. Les côtes de Java sont là, on en perçoit les volcans. Audrey fouine dans ce bazar de vêtements pendant que Jeanne essaye toutes les tongues surtout celles à talon, clin d'oeil à Marie-Emmanuelle...

On se sent un peu à l'écart du tourisme de masse qui s'organise sur l'île de Bali. De plus en plus de voyageurs viennent, exponentiellement ces 5 dernières années. Il résulte des dérives de ce développement du tourisme, effet pervers cela ne sert pas toujours les populations locales. L'argent importé par des investisseurs étrangers dope la construction de logements dont le but est très lucratif. L'Indonésie investit ici, des bus viennent en masse de Java pour un tour passant de la côte à Bedugul et son lac au pied des volcans. Cela sent le gasoil et les embouteillages.

Dimanche 28 décembre, Ketut nous conduit d'Ubud à Pernuteran par le centre de l'île. Tout au long de la montée aux volcans sacrés, les constructions et logements bordent la route. La campagne est là juste derrière, les axes de circulation sont des extensions périurbaines d'un pays en développement. 4H de voiture par des voies tortueuses. Ketut, notre chauffeur de l aéroport, agréable compagnie adore Jeanne. Les balinais adorent les enfants qui sont pures et montrent beaucoup de respect aux personnes agées.

Noël à Ubud, puis nouvel an en bord de mer. On vit en décalage de la neige longuement attendue sur France. Ces fêtes se passent dans l'instant présent, pas d'approche marketing et c'est bon.

C'est le 24 décembre, que l'on a commencé à se dire que Noël approchait. Posés à Ubud, on rencontre ainsi Emilie et Pépita (un peu de littérature jeunesse pour Julia...), puis la famille de Martin, Jenny, Anouk et Puma qui nous emmènent découvrir Yellow-Coco, une asso ou fondation organisant des play-groupes pour les 2-3 ans avec les parents: yoga, danse, chant, kamishibai, percussions, dessin. A Lifou, imprégnée des danseurs du Wetr, Jeanne nous avait montré son envie de danser, ici encore plus, elle marque par son expression de corps et sa danse toute naturelle. On y rencontre Gaëlle, Vincent et leur petit Alex, français vivant à Bali. Riches échanges. Approche alternative et ambiance particulière à cette région. Certaines femmes viennent y vivre leur accouchement  naturel pour une naissance douce dans les rites balinais, ils ne coupent pas le cordon ombilical et pratiquent l'accouchement aquatique. Cet esprit de Bali d'aujourd'hui, on le retrouve aussi dans des écoles innovantes telle la Green School, ça donne à rêver !

Pemuteran