Bon timing pour le départ
malgré le coeur serr
é. Souvent la
question de l'expatriation survient dans nos pens
ées.
S'
éloignant de la France, on prend de
l'air et le recul d'observer; pas trop d'analyse
où
l'on se perdrait en d
étails, mais
l'on tend bien
à ressentir par nos
rencontres et l'int
ériorit
é
la “loose” athmosph
ère qui se
r
épand en Europe. P
erte
de culture au profit d'un mat
érialisme
insatisfait. Le profit pour finalit
é n'enferme
t-il pas l'individu dans une absence
à lui
m
ême? Sentiment de puissance que procure
l'Avoir. Faut-il pouvoir exister librement en parall
èle,
se gardant de la r
éserve. Ne pas
devenir un simple
élément fructifiant le
profit d'un tout. C'est une
chaîne
alimentaire d
éshumanisée. Deux
g
énérations, tout
se
lisse en surface : l'appartenance
à
une culture propre, l'appartenance à
une
famille unie, l'appartenance
à un
voisinage,
à une structure professionnelle
pérenne.
Notre
qu
ête existancielle et identitaire passe
par de belles racines et une liberté de voler où
nos vies nous m
ènent. Apprenons
à
valoriser nos talents re
çu
s
et non l'efficience
à simple dessein du profit.
Greg et Aurélie à Lifou ou encore
Jacques
à Seday nous en donnent
l'exempl
e, ce dernier choisit de
r
éaliser une sculpture pour me rendre
compte de commissions que
nous lui avions
faîtes.
Ne
pouvant m'empêcher d'ouvrir la
réflexion sur la place qu'occupe l'école
à multiples niveaux (institution,
enseignant) pour permettre le développement
personnel de l'individu, dans le respect de ses
talents? Petite utopie face aux grandes
questions d'économie d'échelle ou d'un
pragmatisme sécurisant par une
instruction évaluable à
très court terme. Pour ces enfants qui
passent à l'école
la grande part
de leur enfance, quelle éducation
et quelle citoyenneté
dans la seule recherche de l'efficience?
Jeanne pleure, Audrey la
recouche, c'est le temps de la sieste. Je reviens de palmer dans le
corail. Toujours cette exubérance de vie.
De grands poissons sautent en pleine mer, non identifiés.
Oiseaux et cocs chantent, des poussins picorent sous la table, les
chiens aboient, les enfants dans la cour, le feu sous les marmites,
la feuille de coco sèche sous le soleil en
dégageant une odeur typique de ces cases
traditionnelles; nous sommes et serons toujours en Loyautés.

Me revient ce dessin:
vivre dans le monde en intégrité, hors de
l'esprit du monde; Brassens chantait: “au village sans
prétention...”. Cela semble
bien difficile seul, mais les montagnes me
manquent, j'en rêve les nuits. Encore
l'espace temps de ce voyage pour aller à
l'essentiel et décider ou non le retour
qui sera difficile. Je ne peux me résoudre
à vivre dans l'esprit du monde tellement
la richesse humaine est immense; intimement persuadé
que nous devons avoir une grande paix intérieure
pour être soi même. Les
frustations, les colères, les peurs nous
lestent dans ce quotidien diaboliquement organisé.
Souvenir d'études, je n'ai jamais
apprécié l'approche marketing. Chacun
perçoit bien avec ses difficultés
sa propre réalité
qui ne lui est que temporelle. Pour
nous ici, c'est vivre et se libérer. Cela
passe par de petites morts,
accepter le manque d'hygiène de la
cuisine, de la douche à l'eau
froide le soir par temps humide... Notre nombre de changes
vestimentaires étant limité. “Le voyage
forme la jeunesse” énonçait
le dicton, c'est la nécessité de se
prendre en charge et de s'assumer dans un relatif dépouillement,
nous rendant vulnérables et
inconnus, qui nous offre la rencontre de l'étranger
dans ce qu'il a de bienveillant. Nous sommes maintenant, sans
enfermement par le jugement
du quotidien. Trop souvent, avec beaucoup d'empressement et
d'efficacité, ne se rassure t'on pas en
renvoyant la personne rencontrée dans un cadre de ce qu'elle est
censée représenter? Jugement... Ce voyage
peut-il nous conforter pour ne pas se laisser enfermer dans les
réalités de masques de société ; cotoyer
l'esprit du monde occidental sans s'y égarer?

Au revoir
à
cette société kanak; merci de ces rencontres humaines.
Hubert Reeves s'interroge “
Quelle
intension dans cette
Nature
exceptionnelle?”. Notre amie Louise
chanterait “Que la richesse de Dieu est immense, que sa sagesse et
sa connaissance sont profondes...”
son site en lien. Ici nous lisons sur une toile
peinte dans le Far
é de C
éline
en reconstruction “Garde le silence devant l'Eternel et esp
ère
en Lui”.