mardi 21 octobre 2014
Jeudi 25 : HS, journée off
Jeanne
est sous cortisonne, asthme et tou grippale. Sieste le matin,
essuyant quelques rigolades de Jules, l'ancien, qui me souhaiterait
bien avec lui pour planter les ignames. C'est juste pas le bon jour.
On récupère
tant bien que mal un véhicule car nous
n'avons plus de crédit sur le portable
(ici les tarifs sont exorbitants, il n'y a qu'un
seul opérateur). C'est décidé,
vendredi sera une journée free pour
Audrey qui va pouvoir se rendre au site de Shabadran. Je garde la
puce et m'organise comme chauffeur de taxi pour déposer
Audrey au Sud-Est, faire un dernier
marché à Tadine et envoyer des colis pour
la France (on s'allège pour le vol de tranfert), une bonne grosse
sieste à Eni pour Jeanne et je cuisine
quelques légumes réconfortant pour ce soir.
Transfert à Eni – 24sept
Arrivée
nocturne à Eni au gîte
Waterloo (original) chez Céline,
pointe sud-ouest de Maré, face au cap
Wabao et aux couchers de
soleil. Nous n'avions pas prévu de
stopper ici. La météo moyenne de ces
derniers jours et le besoin de repos en bord de plage nous fait
changer le plan. Annulation chez Nath à
Kaewatine. Il nous a fallu rendre la
voiture, trouver de l'essence en traversant l'île
sans carte recherchant le moindre panneau. Partage des tâches:
je vide la voiture sur le sol pendant qu'Audrey commence le rituel
des soirs avec Jeanne. Céline nous voyant
agité de la sorte nous offre le partage de
la soupe à sa table, merci. Beaucoup de
gentillesse, d'humour, on retrouve cette valeur humaine et attention
à l'autre qui nous est chère.
Vendredi 26 septembre, randonnée à Shabadran
Je pars donc seule à
la découverte des plages de
Shabadran. Mathieu me dépose tôt
le matin chez Damas où je retrouve avec
joie Gary, Sumi et Christophe. Enfin pas si seule, je comprends que
nous serons un bon groupe de 10 avec deux guides locaux. La randonnée
est annoncée comme une des plus belles de
Calédonie. J'en prends plein les yeux!
C'est magnifique, un beau condensé en
plus grand de tout ce que j'ai pu voir depuis ces 2 mois et
demi sur les îles loyautés.
Nous débutons dans la cocoteraie, puis
marche tout en équilibre sur du
corail, petit passage en escalade, points
de vue sur les falaises en surpomb, bassins naturels, forêt
de pins colonaires... pour arriver sur une plage préservée
de sable blanc. Une eau translucide, derrière
la puissance de l'océan qui vient
s'éclater sur les rochers et retomber dans
des piscines d'eau naturelles. Je m'éloigne
du groupe pour explorer, profiter de ces instants cadeau pour moi, me
baigner, et manger un bout. On me fait signe de revenir. Il est déjà
l'heure de rentrer, un
peu déçue, j'aurai bien profité
un peu plus mais certains ont des avions à
prendre, d'autres ont des difficultés dans
la marche... je deviens exigeante,
peut-être depuis toutes ces années
de virées en montagne accompagnée
par mon guide préféré, à
fuir la masse de touristes
pour savourer la quiétude et la beauté
de la nature. Et j'aime ça! Merci Mathieu.
Le retour sera long,
surtout les 7 derniers kilomètres dans la cocoteraie. Je souffre du
manque d'eau comme tous les autres, sans compter le pâté de midi
qui me reste sur l'estomac. Coup de chaleur et déshydratation. Il me
faudra quelques jours pour récupérer. Je suis heureuse de retrouver
mes deux amours pour leur raconter ma journée.
En soirée
chez Céline,
nous partageons avec Sumi et Christophe qui logent ici pour
deux nuits la bonne soupe de chou. Comme le repas d'hier soir,
attablés dans la minuscule cuisine de
Céline (cause de pluie) où
elle nous a offert du thon, des légumes de
son jardin, agrémentant avec
subtilité nos coquillettes (5euros
le kg à la superette ”TropTard”
de Tadine). Nous pique-niquons donc de nuit dans ce jardin, les
poules courent, sentiment que ces moments extraordinaires sont notre
quotidien.
Les plages de Maré
Aussi belles les unes que les autres, les plages de Maré se méritent. Il faut randonner pour avoir accès aux plus sauvages. Ainsi, après avoir fait coutume au proprietaire du terrain, nous voilà partis tous les 3 à la découverte de la plage secrète d'Eoce, au nord de l'île. 2h de rando dans les cocos, avec des passages variés en bord de mer, superbes falaises, forêt tropicale. Jeanne est impressionnante, elle a envie de marcher. Elle marche très bien parfois en terrain instable et alterne entre les bras de Mathieu et les jumpings sur les troncs de coco. Nous arrivons dans une jolie baie protégée. Comme nous l'avait dit Suzanne, un bébé requin nous attend là au bord de l'eau et se promène tranquillement. Nous cassons la croûte, Jeanne a décidé de se baigner. Elle est comme un poisson dans l'eau. Retour dodo contre maman dans le porte bébé.
Nous avons loué
une voiture plusieurs jours, ce qui nous a permis de faire d'autres
randos, de se ravitailler au marché de
Tadine, riche de produits locaux de belle qualité
et plus approvisionné qu'a Lifou. Les
mamies jouent tranquillement
aux dominos en
pariant de l'argent, ça intrigue Jeanne
derrière les étalages.
Coup de coeur pour la
plage d'Ekure, réputée pour ses nautiles,
depuis Kaewatine, guidés par Céline
et Marie-Hélène, les filles de Nath, chez
qui nous n'irons finalement pas dormir. Nous sommes en compagnie
improvisée de Corinne et Bertrand en
mission médicale sur l'île
mais aujourd'hui 24 septembre, c'est le jour férié
des kanakys.
Jeanne veut marcher tout le
temps. Dégourdie, il faut composer avec des jeux pour alterner temps
de portage et parcours motricité en forêt.
On ramasse des graines, on escalade papa. Dégustation d'une
papaye les pieds dans l'eau. Nous rencontrons sur le retour, Sumi,
Christophe et Gary leur petit garçon. Nous
resterons en contact pour organiser avec
les enfants la rando de Shabadran.
Rando improvisée
comme on les aime depuis la plage de Pede, Jeanne fait la sieste dans
l'ergobaby et nous profitons pour tracer dans la forêt
sans trop savoir si nous arriverons à
atteindre la langue de sable que Mathieu a vue depuis la route!
Finalement, nous trouvons une crique
déserte, vierge, très
nature. Le corail est foisonnant de vie. Mathieu fait un peu de
snorkeling, sans trop s'éloigner car le
site est dangereux et il est seul. On retrouve
la richesse d'Ouvéa ; dans ces îles,
dès que l'on
s'éloigne un peu, le nature est rayonante.
Retour au cap Wabao par la
rando des 5 plages depuis l'hôtel Nengone.
Nous profitons bien de ses WC
luxueux. Le temps est sauvage et changeant, Jeanne nous couve la
grippe locale.
dimanche 19 octobre 2014
Virée nocturne - dimanche 21 sept
20h, Pascal et
Charles débarquent
pendant que l'on s'apprête
à manger, il
fait nuit. Comme proposé, motivé
pour une chasse nocturne?
Suzanne me l'avait évoqué, pour manger une langouste pas chère,
quoi de mieux que d'aller se la pêcher... Quelques échanges
pour me rassurer, mais peu d'explications concrètes au milieu des
sourires: “Casse pas la Tête”. Par culture ici on ne pose pas de
question, l'expérience
et l'imprégnation suffisent. Excitation
mêlée d'un petit stress de cette virée
noire dans l'océan
Pacifique m'habite. Un peu comme au Pérou en 2010 avec l'ascension
improvisée du Pisco, ces semaines d'acclimatation au mode de vie
local me portent: “Choc”!
On se cherche un peu, le temps de changer les piles
des lampes de
poche ; puis dans un silence presque
religieux on se dirige à l'eau.
Je ne suis pas vraiment équipé pour
résister à la fraîcheur, mais ça n'a pas
l'air de les préoccuper. Encore
sensible de ma dernière ottite, je ne pourrai pas trop descendre en
apnée ; aussi
je tiendrai la “filoche” pendant la sortie. Cela me vaudra de me
faire un peu chambrer; mais bonne ambiance. Pascal chasse avec
beaucoup d'agilité, efficace,
il pique poissons et langoustes. Je promène une grosse poubelle
encerclée d'une
bouée pleine de
victuailles, au milieu de l'océan
Pacifique. Il fait nuit noire, on est peut-être
à 200m au large
des petites loupiotes du Faré ;
longeant le platié :
d'un côté
le tombant de profondeurs tortueuses,
juxtaposé au
récif coralien.
Mon esprit est vite appé par
la pression des requins pointe-blanche qui ne dorment plus cette
fois, ils chassent. Autour de nous, ils
tournent par curiosité, ou
excitation dès
qu'un poisson est piqué ; le bruit du
fusil, les
vibrations du poisson blessé, le
sang. Sympatique environnement de baignade! Je balaye le fond avec ma
loupiote quand elle ne s'éteint pas
par usure de batterie. Trop de découvertes
pour se concentrer sur l'unique but: le poisson, les langoustes.
Aussi, je passe très
souvent à côté
sans même
les voire. De nuit c'est la même
sentation que de se promener en forêt
éclairé par une petite lampe de poche.
Je suis fatigué et crois voir des hallucinations: l'océan
scintille d'étoiles,
mais cette vision est bien réelle,
comme des milliers de lucioles sous marines, petits organismes,
magique. Je suis venu pour vivre cette atmosphère
unique qui m'est offerte. Banale sortie de
pêche qui se vit
dans l'intensité de
la chasse et le respect imposé par
cet environnement. J'ai donc appris par imprégnation
que lorsque le requin est venu secouer les palmes de Charles il me
fallait lui foncer dessus pour le faire partir (tellement évident...
mais pas pour notre culture). Le picot blanc cuisiné
par Pascal fut notre récompense
partagée au
retour. Ayant rejoint la passe, je du rentrer 15min avant eux car
pris de nombreuses crampes dans cette eau pas si chaude que ça.
Un beau festin. Malgré la
facilité de piquer
les poissons endormis (le perroquet dort couché
sur le flanc à
même
le corail, d'autres sont bien droits mais abrités),
cette chasse en apnée est
éprouvante et le
repas se mérite
par la connaissance qu'ont ces kanaks de leur environnement. Merci à
vous pour ce partage mémorable.
Malheureusement je ne parviens pas à retenir les prénoms en langue locale, les noms de famille sont également un relicat du colonialisme. Les prénoms propres au clan suffisaient par le passé. Le lendemain soir, Suzanne nous aura préparé un perroquet au feu de bois, et une langouste, délice. Ayant la place d'invités, nous n'avons pu partager notre langouste car cela ne se faisait pas.
Malheureusement je ne parviens pas à retenir les prénoms en langue locale, les noms de famille sont également un relicat du colonialisme. Les prénoms propres au clan suffisaient par le passé. Le lendemain soir, Suzanne nous aura préparé un perroquet au feu de bois, et une langouste, délice. Ayant la place d'invités, nous n'avons pu partager notre langouste car cela ne se faisait pas.
samedi 18 octobre 2014
petits liens de Calédonie
MikaLifou, graveur d'exception posé sur Lifou.
Le Tour du Monde, gîte d'accueil convivial sur Nouméa, merci pour leurs sources d'info. sur le pays.
Marjorie Tiaou, sculptrice rencontrée à Ouvéa.
Le Tour du Monde, gîte d'accueil convivial sur Nouméa, merci pour leurs sources d'info. sur le pays.
Marjorie Tiaou, sculptrice rencontrée à Ouvéa.
Arrivée à Maré - Mardi 16 sept
L'accueil
au port est franc, sincère. Maré "l’île qui parle à ton
coeur" disent les brochures touristiques. Nous ne cessons de le
vérifier depuis 6 jours. Moins de brassage et d'habitants qu'à
Lifou. De grandes falaises, des jardins et routes raffinés en
lumière. Du détail et de l'amour dans cette vie encore plus
fortement ancrée dans la coutume. Sur le chemin à vélo jusqu'au
nord, on monte ! 15% qui nous vide de forces. Les vélos
chargés, on peine à hisser l'ensemble à bout de bras. Jeanne se
réveille en pleur, elle a chaud dans la
carriole qui fait serre. Nous aussi suons.
C'est le moment d'improviser le pique nique
de ce que l'on a grappillé au port à la fin du marché. Chaud,
froid, soleil, pluie, le temps change en 5 minutes. Petite photo à
l'abri de ce temple, l’île est à majorité protestante. Arrivés
HS chez Jacques et Suzanne qui tiennent le gîte Seday. Comme à
chaque fois, la confiance est à gagner, les liens humains sont à
créer.
Inscription à :
Articles (Atom)