dimanche 7 décembre 2014

Bientôt 5 mois de voyage, mais pourquoi partir?

Ce voyage coule et s'écoule. Le plus difficile a été de décider le départ. Autour de nous, les projections, les peurs et interrogations se traduisent souvent en jugements, interprétations, bons conseils... que l'on entend mais dont il nous faut faire une juste part pour garder à flot notre projet.

Petits extraits: 'Vous avez pensé à Jeanne ? Vous êtes riches, plein aux As. Où avez-vous mis vos meubles? Vous avez une mutation!'
 
Quel prix pour le temps de vivre? Cette aventure humaine nous semble pourtant accessible. Ce n’est pas une question de compte en banque, mais de volonté et de temps. Voyager est un état d’esprit et non pas un tour de 7 mois. La vie est le véritable voyage et comme la famille Fouquier l'a fait, le voyage peut débuter au pas de sa porte. En lien le diaporama de leur aventure.
De leur côté, nos parents sont envahis avec tout un bazar stocké.


Quand à Jeanne, elle est épanouie. On s'impose son rythme et ses limites et elle nous a au quotidien.
Pour la mutation, on se mute nous même, certain du résultat de ce énième mouvement, mais sans traitement de salaire ni sécurité sociale.
 
Sortir du cadre nous a demandé de l'énergie pour se libérer du quotidien. Ces dernières années, on sent glisser doucement l'esprit créatif, la liberté d'entreprendre, la confiance en soi, vers une sorte de pessimisme ambiant, d'incertitudes et des peurs de l'inconnu, de l'erreur, des risques ?

Vacances de Pâques 2014, repos à Port de la Selva. Prenant trop à cœur son travail, Audrey est en colère à cause de dysfonctionnements professionnels nuisibles aux enfants. On est aussi en saturation des contraintes du logement sur le Pays de Gex que l'on affectionne pourtant beaucoup. Nous avons des soucis dans nos familles et cela nous attriste et nous questionne. On se bat pour tellement de choses dans la vie, par le voyage on décide de faire une trêve. En croisant d'autres voyageurs, on sent un monde qui s’ouvre. Là, tombent les rangs sociaux, les préjugés, et on utilise cet outil magique qu'est la communication. Merci encore aux kanaks par leur exemple.
 

Pour ceux qui nous connaissent, on a la bougeotte. De nombreuses années que nous murissons cette idée de partir. Mille et une raisons nous lestent: réussir ses études, dans son travail, en famille, la santé, une vie à 2 puis à plus que 2. On remet à plus tard car ce n’est pas le bon moment.
On se refuse à poursuivre un rêve car les choix de vies effectuées ne le permettent soi-disant plus.



Et l'on se dit ce matin: “pourquoi on part pas tout simplement?” Nous avons la chance de pouvoir prendre un congé sabbatique pour du temps en famille. On pourrait s'imaginer que c'est encore plus compliqué avec un enfant. Et bien on y va! Le chemin du voyage s'ouvre à ce moment. Pourquoi encore le repousser? Allons voir ailleurs et prendre un bol d'air frais pour comprendre ce quotidien, exister et se rendre disponible aux rencontres. On voyage pour nous, suivant notre cœur, non pour être meilleur car on n'a rien à prouver. On ne fuit pas le monde mais on part à sa rencontre, vivant simplement en famille mais dans un contexte hors de l'ordinaire. Et finalement, c’est dans ce projet égoïste que l’expérience nous amène à devenir plus altruiste.
 

Le problème c'est que le départ on le décide pour juillet, dans 2 mois, short. Mais nous l'avons si longuement imaginé et repensé avec mille options que doucement tout se met en place avec l'aide des proches. Destinations, le choix le plus anxiogène chez la famille : billet allez simple pour la Calédonie (insufflé par Philou et Julie) avec le souhait de durer dans les terres rencontrées, se laissant le temps de l'imprégnation. Choix des moyens de transports, si possible propices aux rencontres, le vélo et l'auto-stop pour les îles Loyautés qui offrent la taille idéale.


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