Difficile d'organiser les virées touristiques dans cet environnement hors du temps capitaliste et efficient. La coutume règne dans les mœurs; activités et travaux sont à majorité vivriers. Par exemple, il est compliqué de trouver du poisson, ou d'acheter la pêche d'un membre de la tribu. Celle-ci est donnée, ou échangée, le but lucratif n'entre pas tellement en jeu, ou différemment. Le travail est collectif et soumis aux règles locales des chefferies coutumières.
Jean-Marie Tjibaou, personnalité kanak exprime clairement tout cela: "Ce qui est fondamental dans la culture kanak, mais que l'on retrouve aussi dans d'autres cultures, c'est la conception de l'homme. L'homme n'est jamais individu; il est le noyau d'un ensemble. Il est le centre de relations et il a un rôle à jouer dans un centre de relations donné. L'Homme comme relations, ça induit des relations au monde moderne qui sont assez difficile. Par exemple, sur le plan de l'épargne; si on épargne c'est toujours pour donner à une cérémonie ou pour construire une maison pour recevoir des gens, mais jamais pour agrandir un capital quelconque pour devenir le millionnaire du village qui éclabousse les autres avec sa Mercedes , son standing /.../ Dans le système mélanésien, pour être un homme prestigieux, il faut "avoir" bien sûr, comme partout. Il faut donc travailler ou avoir une grande famille qui permette de beaucoup avoir. Le prestige, c'est alors de donner, de beaucoup donner et de donner partout; c'est à l'envers du monde capitaliste. /.../ La coutume c'est moins une relation interpersonnelle qu'une relation de groupes, de communautés. La coutume est pour nous le geste qui, à chaque moment, à chaque rencontre, rappelle cette relation. Pour nous le terme générique de coutume c'est plutôt le droit, notre manière de vivre, l'ensemble des institutions qui nous régissent."
Pour la joie de Jeanne, chaque jour nous offre le plaisir de rencontrer des petits bouts. Il pleut depuis 48h, ce qui nous maintient au calme et c'est le temps de la narration et des casses croûtes à toutes heures. Hier, quelques km à vélo entre deux averses, j'ai pu aider Greg un court moment dans ces serres de tomates - concombres.
J-5 avant Ouvéa; le gîte Dydyce vient de nous apprendre l'annulation de 10 jours de réservation... il nous faut donc repenser nos dates d'avion. Ouvéa ce sera à partir de lundi 1er septembre! Modification faite après 1h30 d'attente épique devant les locaux d'Air Calédonie Wé, en mode local: 20 numéros bois donnés aux 20 personnes devant la porte, afin d'accéder à l'attente dans l'agence... Déposé spécialement par Rodney (merci) à 7h30 devant la boutique, cette attente nous oblige d'annuler notre participation à la rando prévue ce matin à Luengöni; Désolé pour Rodney et Alice rencontrés à Mou. On profitera d'un temps en Nouvelle-Zélande pour balader ensemble. Le monde est petit, Rodney et Alice connaissent très bien une collègue instit' passée par le Pays de Gex, excellent!
Au final, on reste le week-end du 31 août à Lifou, et c'est avec grand plaisir que l'on pourra assister aux festivités du "Miel et du Santal" tenues à Easo.
Les siestes de Jeanne, la plage bordant l'accueil de Waka est devenue une plongée quotidienne. Avec la marée basse et une mer calme, l'océan est fascinant de vie, et toujours cette appréhension dans l'eau. Poissons tropicaux en nombres, tortues que l'on retrouve chaque jour, raie, murène, serpent de mer.
Vendredi, Rodney et Alice ont vu des baleines au Cap des Pins. Aussi ce samedi 23 août, nous prenons les vélos pour retourner sur cette balade. Et beau cadeau, les mammifères nous y attendent... On est tout excité, et l'on saute sur le corail avec Jeanne pour s'en approcher.
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