jeudi 17 septembre 2015

Bilan sur les suites du voyage

Nous voilà rentrés en France. Allongés au pied du Jura, nous rattrapent des réalités financières. Goût d’inachevé, mélangé d’un esprit clair et en paix. Vivre intensément et libérés laisse des marques à l’intérieur. On souhaite continuer, gagner au loto ou vraiment tout lâcher ? Mais un cycle de travail revient. Audrey prolonge ce temps lent en vie de famille.

Depuis l’atterrissage à Lyon, les mois s’écoulent, parfois avec turbulences. Les Alpes en lumière nocturne… Nos familles sont là pour l’accueil, le cœur est serré, joies de retrouvailles mêlées à la tristesse de stopper cet état de vie. On s’y attendait, malgré nous, la vie gessienne reprend lentement sa place, et clairement un coup de mou au moral. Retour, dans le tourbillon. Qu’est ce qu’on va faire ici ? Combien de temps ? Choc pour les corps, le froid de l’hiver ; refaire son immunité. Les jours sont courts, petits plaisirs de la neige. Nous poursuivons de nouveaux projets, nouveaux moteurs. Cette énergie qui nous a permis de réaliser de belles choses pendant ces mois nous lâche doucement. Jeanne est perturbée, construire des repères dans un nouveau rythme de vie. L’état d’esprit environnant se vide de sourires et de l’intérêt de nos amis balinais. Sentiments de profusion en vocabulaire de Shakespeare pour le plaisir des grands parents qu'elle demandait. Elle vit l’absence de papa et est un peu perdue dans une chambre toute seule. L’arrachement soudain à cette vie balinaise pleine de relations humaines et rituels de vie, lui fait naître des émotions anxiogènes. L’abandon, perdre les gens que l’on aime, en un instant. Elle nous évacue cela les mois passant. Ses souvenirs sont bien là, ils s’altèreront dans ses pensées en grandissant, mais le corps se souvient et garde mémoire de ce vécu exceptionnel, elle danse tribal, inspirée par les ancêtres nous a t-on dit.

« Vous n’avez pas travaillé tout ce temps ? Quelles vacances, la chance ! » Rentrer de vacances … ce serait reprendre ses habitudes. Hors la lenteur de ce voyage, nous a changé, un autre rythme qui fait du bien, d’autres priorités. Ici, notre liberté d’être et de donner le temps se mue en une aliénation de mille contraintes quotidiennes où beaucoup semblent y voir leur norme. Mais après avoir goûté à d’autres réalités que l’on trouve plus humaines et plus saines, il y a une grande violence pour nous dans cet atterrissage.

Solitude… Le besoin de partager notre aventure est difficile avec nos proches. Conversations efficaces, se recentrant inévitablement sur des routines et soucis. Constat de cette énergie colossale consacrée à réaliser une perfectibilité matérialiste de confort. Besoin de cadrer qui nous apparaît insensé. Le partage avec d’autres voyageurs vient donner l’écho à nos émotions de ce vécu. On repasse les photos avec larmes aux yeux ; vient le moment du travaille d’albums. Tri d’images qui fait rejaillir des souvenirs d’un moment de vie parallèle, puissance irréelle des flashs de nos mémoires sensitives.

Congruents à ces changements, certaines relations en deviennent difficiles. Ces mois, nous croisions les regards surpris, échangions avec des gens ouverts, « qui es-tu ? où vas-tu ? » ; questions pleines d’humanité, maintes et maintes fois appropriées. On a pris la mesure de se les poser à chaque instant, et cela fait sens. Simples bonjours échangés avec honnêteté du coeur. Forcément, ce qui nous attriste depuis le retour, c’est la tension ou les peurs omniprésentes. Fragilité d’une France en stress d’un coup de chaleur ou bien d’une éclipse solaire… Agressivité et indifférence active d’un individualisme ancré dans la méfiance voir le désintérêt pour l’autre, pourtant jusque-là inconnu ! Dans la puissance de l’imprégnation, quelle éducation choisirons-nous de donner à nos bambinos pour un peu plus d’empathie et de respect des différentes réalités ? Dans cette vie occidentale qui tue les rêves, les trépidants matins semblent happer lentement ce besoin primaire d’altruisme. Et pourtant quel confort de vie autour de nous. Je repense à la non efficience toute simple des kanaks, à leur culture communautaire. Nous sommes frappés depuis notre arrivée de cet appauvrissement occidental dans les relations humaines, essentielles pour l’esprit. Quel drôle de monde nos enfants doivent affronter. 

Choisir l’étranger en terre d’asile ? L’idée nous côtoie en permanence. Conscients que les cultures kanaks ou balinaises sont abordées par la mondialisation, qu’une vie professionnelle sur les îles n’est pas un idéal perfectible, loin de tous, étrangers, on recherche du temps lent à être vivant. 
Cela peut paraître déconcertant, de longues journées sans avoir rien de particulier à faire. Cette sensation nous est devenue quotidienne, et pleine de sens à notre retour. S'ouvrir aux rencontres, être en famille, prendre le temps avec les gens pour l'essentiel. En métropole, on fait mille activités. Nous, nous avons ressenti et regardé couler le temps. A présent, l’activisme et nombre de détails portés en importance m’indiffèrent. Comment pourrait-il en être autrement ? Je relativise et me questionne sur notre capacité à nous satisfaire de ce quotidien métropolitain sans se projeter vers cet état que procure le voyage. Privilégiés ? Oui, ici en France, cela ne fait aucun doute. Mais notre temps est aspiré par les activités professionnelles, l’on cherche ces rencontres curieuses, les ruptures des conditionnements, le voyage et ses expériences enrichissant l’âme. Il nous faut toutefois se poser pour digérer, verbaliser nos sentiments, mais nous pensons chaque jour au prochain…

mercredi 8 avril 2015

La clé des chants

On pourrait sortir un instant
et regarder passer les gens
mais on se laisse enfermer
on oublie toujours de rêver

Pourtant, rien n'est plus important
souvent, le temps c'est de l'argent
que la mort nous reprend

On pourrait s'amuser vraiment
et se faire croire qu'on est des anges
on pourrait s'enivrer tout l'temps
pour retrouver la clé des chants



On pourrait s'asseoir plus souvent
et regarder siffler le vent
mais on fait tout à l'envers
à chaque jour suffit sa guerre

Alors, on essaye d'être fort
dehors, tout est multicolore
mais les hommes se dévorent

Ça fait rire les enfants
de nous voir impatients...
(Mick est tout seul)


jeudi 5 février 2015

Transit à Bangkok - Thaïlande


Mercredi 4, AirAsia nous pose à Bangkok pour 3 nuits avant le grand voyage. Jeanne est un peu déboussolée, elle pleure et veut remonter dans l'avion car elle s'attendait à voir la neige et ses papis mamies. Mais rien de tout cela pour ce stop de transition. Elle réclame les motos et ses amis du Swasti.



Elle se consolera dans le taxi confortable où, pleine de fatigue, elle glisse le tobbogan avec énergie sur les fauteuils inclinés. Hello la sécurité routière pendant ce rodéo dans la circulation de cette mégalopole, une des  villes les plus chaudes du monde (32 degrés au coucher).


 


Nous sommes 22km au Nord-Ouest, au calme dans une famille adorable avec un petit garçon de 2 ans. Ils tiennent un gîte référencé au guide éco-durable Tao que l'on recommande 'The Thai House'. On essaye de retenir le Thaï, mais ce n'est pas evident. La nourriture est trop bonne, vrai festin apprécié de nous trois. Le dodo c'est à même le sol pour tous, Jeanne dort pour le seconde fois sur son grand matelas.


Beaucoup d'émotions, et un climat encore plus chaud. Dans deux jours c'est la neige! Pour rigoler, Audrey essaye son bonnet de laine made in Perou devant la glace, préparation mentale.



I love Bali

On quitte Bali le Coeur serré, beaucoup de liens créés et d'amitiés à saluer. 2 mois, après ce voyage, on peut dire que c'est pour nous la bonne durée pour apprécier et partager en famille l'atmosphère d'une terre et de ses habitants. Le voyage avec Jeanne ouvrant grande les portes de l'accueil au sens noble. On rentre avec le souhait de partager à notre tour cet accueil dans toujours plus d'ouverture.
 
 
I love Bali

 
Course poursuite contre la montre, Mathieu se fait pirater sa carte bancaire cette veille du départ. Alertés par la banque, après les démarches d'opposition, il faut déposer plainte. A minuit, Momo et Fabian l'accompagnent gentillement au poste de Police d'Ubud. Notre avion que nous avons déjà laisser partir le mois passé est prévu demain matin et les valises ne sont pas terminées... C'est chaud chaud.

Et notre banquier confiant qui nous propose de faire notre dépot de plainte par internet... Cela nous laisse rêveurs, nous sommes en Indonésie là! Les Policiers semblent particulièrement corrompus. Accueillis au poste par deux personnes en civil - ce sont des policiers... la radio crache ses infos en couvrant nos voix - n
ous nous voyons refuser le dépôt de plainte car l'affaire dépendrait d'un service spécialisé dans ce genre de criminalité, afin de mener enquête.

Du coup, seul le commissariat de Denpasar peut gérer mon problème et prendre mon dépôt de plainte. Je suis bien aidé avec cela... nous nous demandons avec Momo à quoi servent donc tous
ces policiers dans ce bureau? Ce poste d'Ubud est prévu pour recevoir les plaintes de vol, mais il n'y a pas eu de vol physique dans mon cas, donc pour eux
cela ne les concerne pas. Pas moyen non plus de leur faire stipuler tout cela par écrit, ni ma venue dans leur poste cette nuit, cela ne les regarde toujours pas.


Il est 00h30, Denpasar c'est à 1h30 de scooter sans aucune signalisation, et Fabian qui a eu la gentillesse de m'accompagner pour traduire en Indonésien est chef

cuisinier au Swasti et travaille logiquement demain matin.

Notre taxi décolle à 7h45 pour l'aéroport et les valises attendent, l'ambassade française a un bureau mais à Jakarta (autre île) et ils n'ouvrent que demain
9h (décalage horaire dans cet immense pays). On tente un autre poste de Police, plus petit, sait-on jamais?
Au final, ils nous renvoient chez leurs confrères. On essayera l'ambassade demain matin, mais ils nous proposent: 'venez consigner les faits sur place. A Jakarta?'

La nuit écourtée, nous partons un peu speed mais portés par l'ambiance calme des Balinais. Le dernier Yoga de Mathieu dans ce petit îlot lui reste à coeur, entouré de tous ces locaux, pratiquants par méditation cette discipline du corps; trop bon et addictif.

lundi 2 février 2015

Où vas-tu?

 
'Où vas-tu?' Question récurrente lors d'une rencontre fortuite sur ces îles Loyautés ou à Bali. Derrière ces mots habite la conscience de l'autre.

 

A défaut de notre 'Salut, ça va? Oui' (question fermée). Pourquoi pas un 'comment tu te sens?' offrant à exprimer un sentiment au delà d'une convention de politesse.


La philosophie kanak nous a offert de se sentir exister par l'autre, et que c'est bon de vivre! Je remercie Dieu et repense à cet endroit chaque journée. Puisse t-il se préserver pour de longues années. Tu me reconnais donc je suis, simples échanges dans une profonde chaleur humaine. Le 'casse pas la tête' et la non efficience donnant à apprécier l'instant présent dans tout ce qui nous est offert. Coutume, comment s'appelle ta femme, ta fille? Où vas-tu? Les présentations sont la base de la relation, simples et directes.

A 32 ans, j'y ai compris la place magnifique du silence dans le dialogue et tout simplement à arrêter de penser.




Posés à Bali nous permet de se recentrer sur nos habitudes. Questionnement... On retrouve ici cette vie communautaire en familles élargies, avec des rites propres. Les relations sont plus rondes, plus touristiques et plus douces ou moins viriles (moins tribales), à l'image de leur religion hindouiste. Le sourire offert est remercié
par un autre, ici l'énergie partagée est religieuse. Leur vie est équilibre d'Homme, partagé entre encensement de leurs divinités et apaisement de leurs démons.


Merci à Jean-Pierre, Sandra, Momo, Putu, les I-Ketuts, Marthe, Gaël, Vincent, Alex, Jenny, Martin, Anouk, Puma, Suzanne, Susi, Prima, Komang, Nick, Lucie, Jade, Sky, Kadek, Marfel, Made, Fabian, Retna, Lena, Lilou... et toutes les personnes qui ont égrainé notre chemin de vie à Ubud.


Méditation de fin de voyage, pour croître en espérance dans le monde:
'Cultiver la GRATITUDE, ici, là et maintenant dans toutes circonstances'

Ou plutôt, s'émerveiller et remercier des choses réelles qui abondent et remplissent notre quotidien. Pourquoi les oublier pour mes projections et le temps que je passe à craindre, anticiper ou calculer mes lendemains, avec les émotions, le stress et parfois l'angoisse de mon impuissance.

Conditionnés par mes objectifs des 'il faut' ou 'je dois', je m'arrête pour apprécier la beauté de la nature (pensée à Odette et Walter de Lifou) ainsi que le positif de chaque acquis sur mon chemin parcouru. Comme tout bon marcheur le redécouvre, l'important est ce chemin, non le but. Les soucis sont toujours là, certaines peurs aussi, mais pendant quelques instants, être reconnaissant. Cela avantage la qualité à la quantité et la relation aux personnes.
 

Petite philosophie pour réfléchir nos relations aux autres 'les 4 accords Toltèques' bonne curiosité...
 

samedi 17 janvier 2015

Hello everybody & how are you today?

 
 
Jeanne récupère son énergie vitale surtout en fréquentant d'autres enfants. Dodo, manger, on s'astreint à plus d'attentions sur son rythme, et l'on retrouve avec joie Yellow Coco Play Groupe et nos amis plusieurs fois par semaine.

 

 

De notre coté, c'est le décompte avant de rentrer: J-3 semaines. Audrey n'est pas vraiment enthousiame, et l'ambiance en Métropole ne nous fait pas rêver.
Mathieu a bien la motive pour retrouver le chemin de l'école, et surtout les montagnes du Jura pour reprendre du sport!
C'est l'heure des questions et des noeuds au cerveau. Jusqu'à cet été nous regagnons la contée de Gex.



Anecdote: En galère pour retrouver un logement sympa et raisonnable, on renouvelle des paquets de dossiers sociaux. Lors d'une conversation téléphonique, notre interlocutrice reste sans voix pendant de très longues secondes face à notre réponse: ''il me faudrait vos 3 derniers bulletins de salaire /.../ Nous n'en n'avons pas /.../ Pas de salaire?!...'' SILENCE
Suite au prochain épisode.

 
 
  
 
 

On termine en musique, petit concert de soutien à la clinique ONG locale Bumi Sehat, précédemment évoquée, bonne ambiance yoga & love de Michael Franti.
 


En famille, au temple

Ce soir, Putu nous re-invite dans sa famille pour la cérémonie d'anniversaire d'un temple. Nous nous habillons au milieu de la maison en tenue de cérémonie. Il nous est difficile de communiquer, on aimerait tant parler avec sa belle maman et son beau-père qui essaye, mais seul des regards et des gestes. On se trouve bien bête sans la langue, seules nos mains et notre expression de visage, les sourires, rires car Jeanne fait le troublion.


 


On monte sur les scooters pour longer les rizières à la tombée de la nuit. Le temple est un moment fort, Audrey accompagne Putu dans les gestes et interroge sur leurs rituels de prière. L'ambiance est familiale, chacun est beau, souriant, beaucoup d'énergie partagée et de douceur sur les visages. Le son des gamelans, du prêtre qui prie dans le haut parleur. On rentre en musique, de nuit dans la campagne, avec les lumières fluorescentes du gadget acheté pour Jeanne. Mathieu est HS, 4heures de scooter pour aller à Denpasar déposer les demandes d'extension du visa, pas de plan et une grosse circulation bien polluante.